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Comment éviter les violences sexuelles en milieu scolaire ?

Dans le cadre de sa campagne de vulgarisation du protocole de Maputo, le Réseau des Enfants et Jeunes Africains pour les Droits Humains, « REJADH » en sigle, a organisé le samedi 9 décembre 2017 deux cafés d’échange à l’hôtel Bungwe. L’avant-midi avec les enseignants et parents puis l’après-midi avec les élèves des différentes écoles de la ville de Goma. Tout dans l’objectif d’échanger sur les violences sexuelles. J’ai participé attentivement à ces assises ! Dans ce billet de blog, je vous propose des pistes de solutions pour éviter les violences sexuellesdans le milieu scolaire.

Espoir distribue des T-shirts aux élèves participants. Ph. Akilimali Saleh

Espoir distribue des T-shirts aux élèves participants. Ph. Akilimali Saleh

Par Akilimali Saleh

Accepter d’abord le fait.

Après les explications des membres du REJADH se basant sur le protocole de Maputo, les enseignants et élèves ont accepté qu’ils ont été en même temps auteurs et victimes des violences sexuelles en milieu scolaire. « Ce sont des  problèmes qui existent et qu’il faut combattre » a dit Abel KAWELO, le préfet de l’institut Mikeno islamique dans les avant-midi. Et dans les après-midi, les élèves ont tous mis la main en l’air quand EspoirBindu, un des facilitateurs du jour avec sa méthode participative, a demandé qui sont auteurs et/ou victimes des violences sexuelles.

Devenir acteurde la lutte contre ces violences

Après la conscientisation dans les deux séances, les jeunes de la REJADH ont demandé aux participants de proposer des pistes de solution pour éradiquer les violences sexuelles en milieu scolaire. « C’est l’école qui instruit les enfants qui sont l’avenir du pays et il faut qu’elle soit saine pour rendre une éducation sûre pour tous. » Propos de Gracia Kibanja, point focal du REJADH en RDC.Les enseignants et élèves doivent mutuellement éviter des attitudes provocatrices.

Il ne faut plus se taire mais dénoncer.

C’est l’une des conclusions de la séance du matin car ne pas dénoncer encourage les bourreaux à continuer avec la violence.  C’est aussi parmi les recommandations du REJADH aux élèves. Ariane Mbilizi, une des élèves participantes a dit « pour sauvegarder l’image de leur établissement, il y a des chefs qui découragent les élèves quand ils veulent dénoncer des cas de viol ; ils doivent arrêter. »

Une élève intervient dans le débat. Ph. Akilimali Saleh

Une élève intervient dans le débat. Ph. Akilimali Saleh

Punir les acteurs des violences sexuelles.

Une jeune élève de l’institut Rutoboko témoigne que« des cas de violences sexuelles faites surtout contre les filles élèves sont gérés à l’amiable et dans certaines situations, les victimes sont abandonnées par la communauté alors qu’elles devraient être accompagnées. »Quant au préfet du Complexe Scolaire Seamen,  ilne se limitepas à décrier cette situation mais TomboAmanis’engage aussi« à traduire en justice les personnes auteurs de ces actes de violence sexuelle. »

D’autres stratégies ont été proposées dans ces activités, j’ai juste choisi l’essentiel.

Pour pérenniser la lutte !

Des noyaux pour la sensibilisation contre les violences sexuelles ont été créés dans les écoles représentées. Ces noyaux sont composés par les élèves formés qui vont sensibiliser leurs pairs avec comme référence le protocole de Maputo. Le REJADH accompagnera ces jeunesdans leurs actions. Selon Gracia Kibanja, « d’autres cafés d’échange seront organisés pour informer les acteurs de l’éducation sur le protocole de Maputo et ses bienfaits pour une éducation sûre pour tous en RDC. »

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Violences sexuelles et genre: Réflexion sur notre politique pénale.

Le ministère national de la justice et droits humains avec son programme PARJ-E « Uhaki Safi » et ses partenaires ont organisé un atelier de réflexion sur les enjeux de la politique pénale en matière de violences basées sur le genre du 15 au 17 Décembre 2015 à Goma, dans la grande salle de l’hôtel Mbiza, à l’aube du 10éme anniversaire des lois N° 06/018 et 06/O19 du 20 Juillet 2006.

Vue d'arrière de certains participant à l'ateler de Uhaki safi à Goma

Vue d’arrière de certains participant à l’ateler de Uhaki safi à Goma Ph. Innocent Buchu

Par Akilimali Saleh

Les participants étaient venus de plusieurs lieux du pays. Il y était entre autres, des communicateurs, magistrats, avocats, procureurs généraux près de cours d’appels et militaires, les ONG nationaux internationaux, les syndicats et les autres acteurs judiciaires. Le ministre congolais de la justice et droits humains été représenté par son directeur de cabinet, Gérard Nkata. Tous réunis pour faire le bilan les lois sur les violences basées sur le genre et des violences sexuelles.

« Cette activité du ministère de la justice va permettre aux autorités judiciaires et les acteurs de terrain de réfléchir ensemble sur la répression des infractions de violences basées sur le genre et les violences sexuelles en particulier et voir ensemble comment renforcer la lutte contre ce type de criminalité en proposant des analyses et recommandations pour la définition d’une politique pénale bien adaptée aux contextes de notre pays » a dit Hibert Nzakimwena, régisseur du PARJ-E « Uhaki Safi »

Dans son exposé sur « l’état des lieux de l’application de la loi VSBG par les autorités judiciaires (police, juridictions et offices civils et militaires) de l’instruction à l’exécution », le Professeur Bady Kabuya de l’Université de Lubumbashi et expert du PARJ-E « Uhaki Safi » : « il faut redéfinir notre politique pénale et appliquer une politique de commisération intégratrice pour que les auteurs et les victimes soient tous au centre des actions de la justice »

Les participants ont effectués des travaux en carrefour pour faciliter les discussions, chacun de ces carrefours été constitué de tout les acteurs de la justice et un magistrat comme modérateur.

Parmi les constants, on peut noter que les civils sont en grand nombre présumé auteurs des violences sexuelles selon le rapport de monitoring judiciaire sur la répression des violences sexuelles de 2010 à 2014 de la PNUD, une des organisations participantes à cet atelier. Un élément qui a amené des vifs commentaires sur la répression des militaires en RDC.

Le programme d’appui au renforcement de la justice à l’Est de la RDC (PARJ-E) « Uhaki Safi », un des organisations participantes à cet atelier, est un programme du gouvernement de la RDC, financé par le Fonds Européen de Développement (FED) de l’Union Européenne, la Belgique et la Suède.

Plus de quarante résolutions et analyses ont été formulées à la fin de ces trois jours de réflexion et évaluation mutuelle. Ces dernières ne resterons pas sans suite mais aideront à l’amélioration comme l’a dit Gérard Nkata : « La lutte contre les violences sexuelles a deux volet. Le volet normatif revient au gouvernement et l’application de ces normes qui revient aux cours et tribunaux. Près de dix ans après, nous devons faire le bilan. Ce qui n’a pas marché si ça relève du volet normatif, le gouvernement va prendre des dispositions pour renforcer la répression, si ce sont des déficiences qui relèvent des cours et tribunaux chargé d’appliquer la loi nous allons voir ce que le gouvernement et les cours et tribunaux peuvent faire pour que chaque composante prenne ses responsabilités pour une meilleure lutte pour l’avenir »