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Comment éviter les violences sexuelles en milieu scolaire ?

Dans le cadre de sa campagne de vulgarisation du protocole de Maputo, le Réseau des Enfants et Jeunes Africains pour les Droits Humains, « REJADH » en sigle, a organisé le samedi 9 décembre 2017 deux cafés d’échange à l’hôtel Bungwe. L’avant-midi avec les enseignants et parents puis l’après-midi avec les élèves des différentes écoles de la ville de Goma. Tout dans l’objectif d’échanger sur les violences sexuelles. J’ai participé attentivement à ces assises ! Dans ce billet de blog, je vous propose des pistes de solutions pour éviter les violences sexuellesdans le milieu scolaire.

Espoir distribue des T-shirts aux élèves participants. Ph. Akilimali Saleh

Espoir distribue des T-shirts aux élèves participants. Ph. Akilimali Saleh

Par Akilimali Saleh

Accepter d’abord le fait.

Après les explications des membres du REJADH se basant sur le protocole de Maputo, les enseignants et élèves ont accepté qu’ils ont été en même temps auteurs et victimes des violences sexuelles en milieu scolaire. « Ce sont des  problèmes qui existent et qu’il faut combattre » a dit Abel KAWELO, le préfet de l’institut Mikeno islamique dans les avant-midi. Et dans les après-midi, les élèves ont tous mis la main en l’air quand EspoirBindu, un des facilitateurs du jour avec sa méthode participative, a demandé qui sont auteurs et/ou victimes des violences sexuelles.

Devenir acteurde la lutte contre ces violences

Après la conscientisation dans les deux séances, les jeunes de la REJADH ont demandé aux participants de proposer des pistes de solution pour éradiquer les violences sexuelles en milieu scolaire. « C’est l’école qui instruit les enfants qui sont l’avenir du pays et il faut qu’elle soit saine pour rendre une éducation sûre pour tous. » Propos de Gracia Kibanja, point focal du REJADH en RDC.Les enseignants et élèves doivent mutuellement éviter des attitudes provocatrices.

Il ne faut plus se taire mais dénoncer.

C’est l’une des conclusions de la séance du matin car ne pas dénoncer encourage les bourreaux à continuer avec la violence.  C’est aussi parmi les recommandations du REJADH aux élèves. Ariane Mbilizi, une des élèves participantes a dit « pour sauvegarder l’image de leur établissement, il y a des chefs qui découragent les élèves quand ils veulent dénoncer des cas de viol ; ils doivent arrêter. »

Une élève intervient dans le débat. Ph. Akilimali Saleh

Une élève intervient dans le débat. Ph. Akilimali Saleh

Punir les acteurs des violences sexuelles.

Une jeune élève de l’institut Rutoboko témoigne que« des cas de violences sexuelles faites surtout contre les filles élèves sont gérés à l’amiable et dans certaines situations, les victimes sont abandonnées par la communauté alors qu’elles devraient être accompagnées. »Quant au préfet du Complexe Scolaire Seamen,  ilne se limitepas à décrier cette situation mais TomboAmanis’engage aussi« à traduire en justice les personnes auteurs de ces actes de violence sexuelle. »

D’autres stratégies ont été proposées dans ces activités, j’ai juste choisi l’essentiel.

Pour pérenniser la lutte !

Des noyaux pour la sensibilisation contre les violences sexuelles ont été créés dans les écoles représentées. Ces noyaux sont composés par les élèves formés qui vont sensibiliser leurs pairs avec comme référence le protocole de Maputo. Le REJADH accompagnera ces jeunesdans leurs actions. Selon Gracia Kibanja, « d’autres cafés d’échange seront organisés pour informer les acteurs de l’éducation sur le protocole de Maputo et ses bienfaits pour une éducation sûre pour tous en RDC. »

Avez-vous des avis ? Laissez-les en commentaire de cet article. Vous pouvez aussi le partager sur les réseaux sociaux.

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D’une aventure à une profession, étonnant parcours de Makolo Serge.

Mumbere Makolo Serge, est un sportif patineur congolais. Avec ses souliers à pneu, ce jeune ne cesse d’épater plus d’un dans les rues asphaltées de Goma.  Nous vous proposons sa biographie pour savoir comment est-il arrivé jusqu’à être sélectionné dans l’équipe nationale de la discipline.

Serge Makolo en entrainement à Goma.  Ph. Vital Matafula

Serge Makolo en entrainement à Goma. Ph. Vital Matafula

Par Vital Matafula et Akilimali Saleh

Depuis son très jeune âge, Serge MAKOLO rêvait d’abord de devenir musicien. « Pendant tout mon parcours à l’école primaire, je faisais partie des petits groupes de musique avec des gens qui aujourd’hui, certains d’entre eux sont devenu des vrais musiciens. » dit-il.

Serge MAKOLO est né à Kyondo, village situé dans le territoire de Beni en province du Nord-Kivu, le 6 septembre 1992.

Il commence ses études primaires à l’école primaire Kavahendi de Butembo en septembre 1999. Le jeune passe six ans à cette école avant de passer deux autres années du cycle d’orientation à l’institut de Butembo de 2006 à 2008. Il fut choisi vers la fin de l’année pour vivre avec son grand père à Goma, vu qu’il est le fils ainé dans une famille de quatre garçons.

Arrivé à Goma en 2008, Serge n’a pas tardé à se faire des amis. La majorité des amis qu’il avait rencontrés, étaient aussi artistes comme lui mais eux des dessinateurs. Avec un sourire, il nous explique : « Je m’intéressai également au dessin, et j’ai vite découvert que je pouvais être un bon dessinateur qu’un musicien. » Pour des raisons de dessin, Serge MAKOLO  décide de faire les Maths Physiques aux humanités à l’institut de Goma, et cela pendant deux ans seulement (en 3ème et 4ème années). En 2012, il entre en 5ème année biologie-chimie à l’institut Faradja.

C’est à cette institution qu’il découvrira sa passion et profession. Le jeune jusqu’ici dessinateur, fait connaissance d’un jeune patineur expérimenté du nom d’Héritier MATABISHI. « Hériter avant de vivre à Goma, il restait à Kampala où il a appris à patiner ». Epaté par les talents de celui-ci, Serge MAKOLO trouve intérêt à apprendre aussi à rouler sur des souliers à pneus. Vu qu’il n’avait pas des moyens pour se payer les siens, Serge se faisait prêter l’équipement d’Héritier chaque fois que celui-ci lui apprenait un exercice.

Ce patineur nous confie que « suite à des difficultés d’ordre financières en 2013, j’ai suspendu les études et j’en ai profité pour apprendre à bien patiner. »  Quelques mois après, grâce au travail de peintre-dessinateur, il se procura  une paire de patins pour ainsi faciliter ses entrainements qui étaient toujours dirigés par Héritier, son coach.

L’institut Mwanga l’accueillera pour terminer ses études. En même temps, il a l’idée de former d’autres jeunes dans le patinage. « Je profitais de chaque week-end pour apprendre le roller sport à d’autres jeunes qui de plus en plus ne cessaient de s’intéresser à ce sport. » declare-il.

Avec les jeunes qui savaient déjà patiner, Serge trouva qu’il fallait continuer à patiner mais autrement. Il nous a dit : « Vu que nous étions nombreux, je n’ai pas tardé à créer le club ».  Serge MAKOLO devient responsable du club « SBT » qui veut dire : « Skate Big Tallent ». En français  « le grand tallent du patin », SBT devient le premier club de patinage à l’est de la RDC.

Tous ces jeunes ont alors évolué ensemble jusqu’en 2016 quand certains d’entre eux qui se jugeaient déjà capables de voler de leurs propres ailes, ont décidé de créer leurs clubs. «L’effectif de SBT a baissé  se confie-t-il. Je me suis dit que ce sport devient donc avec le temps professionnel. Je reprends alors la formation d’autres Riders  dont cette fois, on retrouva des filles. »

Actuellement, MUMBERE MAKOLO Serge consacre beaucoup de temps au Roller Sport, « C’est un plaisir de patiner et de former les jeunes car pour moi, le patin est devenu une passion. » Il espère aussi gagner sa vie de cette façon.

Nous ne pouvons que lui souhaiter une bonne chance avec ses souliers à pneu.

UNIGOM : Une conférence de la FSIC qui éclaire l’opinion.

Par Akilimali Saleh

Vue d'une partie de la salle Gakuru lors de la conférence de la FSC. Ph. Akilimali SalehAssise sur un banc en planche, les mains sur la table, ses lunettes « vue claire » comme celles de Lumumba, Alice Muteusi assiste à la conférence de sa faculté.  Elle est étudiante en G3. La faculté des sciences de l’information et de la communication de l’Université de Goma où elle étudie a organisé le vendredi 12 Mai 2017 une conférence scientifique.

C’est dans le cadre de la journée internationale de la liberté de la presse célébrée le 03 Mai de chaque année. Cette conférence axée sur l’état de lieu de la liberté de la presse au Nord-Kivu et en RDC s’est tenue dans la grande Salle Prof Gakuru au campus du lac. Les étudiants, quelques professionnels des médias, le corps scientifique et le bureau de la faculté avaient répondu massivement à l’appel.

Dans la première intervention, le Chef de travaux Bienfait Wimana de la faculté de droit de l’Unigom a estimé que sur le plan légal, la liberté de la presse est un droit limité. « En principe, la liberté de la presse est un droit fondamental mais limité. Les professionnels des médias doivent tenir compte de certaines règles pour éviter d’être arrêté par les services Etatiques »

Alice pense à ce sujet que « la liberté de la presse ne signifie pas le libertinage. Pour un journaliste, être libre ne veut pas dire déborder ou nuire à la liberté des autres. »   Comme Alice, les autres étudiants qui ont participé à la conférence n’ont pas manqué d’appréciation par rapport à cette activité scientifique. Jospin Hangi, en souriant a dit : « un journaliste peut faire des infractions personnelles puis faire appel à sa corporation pour lui protéger, ce qui n’est pas bon. »

Le doyen la faculté des sciences de l’information et de la communication félicite son bureau pour la mobilisation des étudiants. Le Chef de travaux Aimé BUTOTIMA SAFARI promet l’intensification de ces activités au profit des étudiants de sa faculté : « L’année prochaine, des telles exercices seront suffisamment intensifiées. Nous allons organiser des journées scientifiques au premier et au second semestre pour beaucoup approfondir des notions pratiques sur la profession» dit-il car pour lui, les étudiants n’ont pas le temps pour en discuter.

Vue des orateurs et le moderateur de la conférence de la FSIC. Ph. Akilimali SalehPour Tuver Wundi, journaliste de la RTNC (chaine nationale congolaise), ces jeunes étudiants en SIC doivent garder espoir car le future du journalisme dans le pays et dans la province est dans leurs mains. « Les étudiants doivent d’abord croire en eux-mêmes. Dans la révision de la loi en cours, le législateur pourra faire recourt à leur background pour devenir journaliste professionnel. Je suis de ceux qui pensent que le journalisme n’est pas un métier des pauvres »

Alice espère participer aux prochaines conférences de sa faculté et apprendre encore plus.

La faculté des sciences de l’information et de la communication est la cadette des 8 facultés qu’organise l’Université de Goma. Elle totalise cinq ans et dans la même année académique 2016-2017, elle va injecter ses premiers licenciés au marché de l’emploi.

Pour vos commentaires et opinions qui nous intéressent, merci d’écrire sur la page commentaire de cet article.

Oui, Raconter le Congo positif paye mieux (même) !

La plupart du contenu sur la RDC raconte l’histoire d’un pays scandaleusement riche mais terriblement misérable. Beaucoup d’ONGs et individus utilisent cette narrative pour se faire de l’argent. Mais, est-il possible de lever des fonds ou attirer l’attention avec une histoire alternative ?       J’en parle dans ce billet.

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Par Akilimali Saleh

Entre nous, des congolais sont payés pour diffuser dans le monde la partie moche de la RDC. C’est probablement pour plaider le cas des congolais ou s’enrichir. Un sous-traitant d’un ONG intervenant dans l’agriculture m’avais dit : « Il faut créer des missions de service à l’intérieur pour bien profiter de cet argent. D’après tout, l’argent ne va pas retourner chez nos bailleurs de fonds. » Il faut dire tous les maux du pays car ça paye à l’internationale. Ces arguments marchent pourtant à l’occident. Ils mélangent mensonges, vérité en y mettant de l’émotion pour attirer la sympathie des hommes de bon cœur qui soutiennent alors la lutte pour l’amélioration de la « situation » du pays.

Le plus triste à dire est que cet argent ne change pas le quotidien des congolais. Dans un autre billet, Nord-Kivu : Qui veut la parité ?, un chargé de mobilisation avait dit « … il faut avancer tout en restant sur place ».   Une partie de ce fond est affectée dans les activités de justification et de visibilité. Ils ont besoin que la situation de la communauté ne s’améliore pas pour avoir des financements le plus longtemps possible. Les nationaux vendent des informations qui décrédibilisent les congolais et le Congo pour avoir des financements.  L’est de la RDC peut nous donner des vraies leçons sur le sujet. Ha ! Que les compatriotes ne m’en veulent pas, certains congolais, pas tous.

Alors vue que le « Congo positif ne paye pas » doit-on croire que c’est impossible que des vrais patriotes donnent le Congo tel qu’il est avec toute la diversité sociale, politique et culturelle ?  Répondre à cette question nous amène à s’interroger sur les pratiques des jeunes dans la diffusion de l’image du pays. Je pense qu’il est possible, certains jeunes essayent de faire parler le Congo au mieux qu’ils peuvent. Et la bonne manière est de faire bien ce dont on est capable et vendre une image positive du Congo et des congolais.

L’autre exemple est de Meschack, un jeune danseur de Goma qui a remporté un prix Pas seulement dans la danse mais tous les domaines de la vie humaine. Dans la ville de Goma, travaille un centre de création artistique pour l’encadrement et l’épanouissement des jeunes dans divers métiers et arts.

Congo International Film Festival réuni plusieurs jeunes volontaires congolais. Des congolais qui peuvent inspirer et des internationaux talentueux participent aussi. Du Cinéma au leadership en passant par la littérature, le design et autres, des jeunes apprennent à développer une pensée critique. Cette pensée critique incitera ces jeunes à mettre en avant les intérêts de la communauté.

Ce festival est à sa douzième édition en 2017. Il se tiendra à Goma du 08 au 16 Juillet dans plusieurs sites. Au programme, des ateliers de renforcement de capacité dans plusieurs domaines. L’objectif est d’appuyer les jeunes à s’approprier l’image du pays pour le raconter dans l’affirmatif. Ces jeunes racontent leur histoire et cette fois sans exagération car l’argent des ONG ne les motivent pas.

Dans la région de l’est de la RDC où se raconte tous les maux, ce festival tente de créer des opportunités aux ambitieux pour vendre les pages positives de cette région. Pour cette édition, le thème est « C’est possible » parce qu’il est possible. Le CIFF est utile pour la communauté congolaise surtout à l’est. La population est habituée à quémander au près des ONG presque tout. Au lieu de travailler, des jeunes diplômés conçoivent des associations pour essayer de manger sur cet argent facile appelé localement « za bazungu » en français « des blancs ». Le CIFF organise des formations, échanges et autres activités pour inspirer les jeunes à une vision de la vie et la redéfinition des objectifs pour plus d’autonomisation.

Nord-Kivu : Qui veut la parité ?

Des réunions, conférences, ateliers et autres activités ne cessent d’être organisés autour de ce thème « parité ». Les hommes politiques, activistes, les ONGs locaux et internationaux en parlent toujours mais réellement qui veut cette parité ?

Par Akilimali Saleh

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Une femme qui prend des photos dans la semaine du cinéma au Kivu à Goma, RDC en Septembre 2016. Ph. bénoit Mugabo

En tout cas pas les hommes !

Ils sont habitués au pouvoir absolu, le control total des situations, avoir la dernière ou l’unique décision sur le reste de la famille dont leurs femmes.Même les hommes politiques sont hypocrites ; Sur les médias et en publics ils sensibilisent la communauté sur la « parité » mais en interrogeant leurs vies, il est facile de constater qu’ils jouent aux « Grands et seuls décideurs » à la maison. Comme pour dire que c’est pour plaire à la communauté internationale qu’ils se déclarentêtre pour la parité. D’ailleurs un homme qui écoute trop sa femme en langage de Goma est appelé « Dominique » pour dire un homme intimidé et dominé par sa femme.

Donc eux pratiquement n’en veulent pas, du moins pour la majorité.

Les femmes elles-mêmes ?

Certaines femmes pour ne pas diretoutes, n’ont pas confiance en d’autres femmes. En politique par exemple « vous ne savez pas comment une femme se comporte quand elle a le pouvoir » me disait une femme. Pourtant, le pouvoir politique est très important pour leur émancipation. Il ne faut pas généraliser. Hein ! Certaines femmes militent pour la parité mais pour d’autres les raisons restent à lire dans la suite. Comprennent-elles cette question réellement ? Utilisent-elles une bonne méthodologie ? Sont-elles écoutées par les autres femmes ?

A mon avis, elles ne sont pas écoutées par beaucoup de femmes surtout celles qui partent régulièrement dans des chambres de prière. Lesfemmes ayant une éducation rigoureuse au sujet de la famille interprètent la « parité » comme une « menace à la stabilité du foyer » etpréfèrent cette stabilité plus que le reste.Certaines se sentent heureuses d’être sous la domination du « chef de la famille, l’homme »car c’est la coutume.

Les ONGs peut-être pour le fonds.

La question que les ONGs se posent « Et si la parité serait effective ? » A cette question n’importe qui peut répondre s’il se met à la place des ONGs intervenants dans cette « lutte »même si ce mot est discutable. Quoi dire ou montrer pour avoir des donateurs ou des personnes qui vont cliquer :« je soutiens » sur leurs sites ?Quoi dire dans les grands salons, colloques  et conférences organisés pour cette cause à l’occident ?  Pour les ONGs intervenant dans ce domaine, plus ça dure, plus ça paye et personne ne veut partir au chômage. « Il faut faire semblant d’avancer tout en restant sur place », nous a dit en privé un chargé de mobilisation d’une ONG.

En tout, pour ceux qui veulent lutter, la lutte est encore longue ; car ils vont lutter longtemps. Un analyste nous a confié : « Si on peut comprendre la parité comme une semence, au Nord-Kivu il y a pas de champs. Le terrain ressemble plus à un foret. Il faut d’abord couper les arbustes et envisager le reste après »

Pour tout commentaire, suggestion ou recommandation n’hésitez pas d’écrire en bas de cet article.

Goma : Semaine du cinéma au Kivu, l’image à l’honneur

Du 05 au 11 Septembre 2016, à l’Alliance Française de Goma de 08h00 à 20h00, se tient l’activité de promotion de l’art et du cinéma de la région des grands lacs africains. Il s’agit de la semaine du cinéma du Kivu pour sa première édition.

Par Akilimali Saleh

TD Jacques apprend à Amani Kavira Lydie la prise de vue. Ph. Benoit Mugabo

TD Jacques apprend à Amani Kavira Lydie la prise de vue. Ph. Benoit Mugabo

 

C’est le bureau du Réseau de Production et de Diffusion Film « R.P.D.F.I » en sigle, une organisation non gouvernement œuvrant pour la promotion du cinéma en RDC et ses plusieurs partenaires organisent cette semaine dit « la semaine du cinéma au Kivu».   Pour cette édition, Celle-ci offrira des ateliers de formation  en photographie,  designer et prise de vue. Plusieurs dizaines des jeunes sont déjà sélectionnés selon Robert Katontoka, coordonnateur de la RPDFI : « plus de cent jeunes ont postulé et ceux qui ont répondu aux critères seront formé dans la semaine par des formateurs venus de la RDC et de l’étranger »

« L’activité principale sera la projection de différents films courts et longs métrages et des films documentaires de réalisateurs de la RDC et région du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Allemagne, du Canada et d’autres coins du monde »a dit TD Jacques Muhindo, le directeur de la Semaine du Cinéma.Chaque jour à 15h dans la semaine, les projecteurs s’ouvriront pour offrir au public des films et documentaires dans la salle de l’alliance française selon un communiqué.

Le  réalisateur et directeur de la semaine a ajouté : « Une exposition photo de l’artiste photographe Benoit Mugabo sera aussi de la partie ». Benoit Mugabo est l’un des plus grands et rares artistes photographes de la région du Kivu, il réalise plusieurs expositions et réalise ses photos dans des rues. Pourcette semaine du Kivu, « C’est avec grand plaisir que je vais exposer mes photos, elles viennent du quotidien de Goma. Ce sont des histoires qui se passent dans les routes, dans familles normales de Goma »

Cette semaine du cinéma au kivu a pour objectif de redonner place à la population locale grâce au cinéma qui tire ses scénarii dans la vie sociale« Il n’y a que le CIFF comme festival du cinéma dans cette région et c’est pour combler le vide après le CIFF que nous avons créé la semaine du cinéma du Kivu. Pour donner une nouvelle espace au cinéma pour montrer des films. L’originalité de la semaine est qu’elle donner l’opportunité à tout le monde acteurs, réalisateurs de participer et tous les films sont les bienvenus» a dit TD Jacques Muhindo.

L’entrée est gratuite mais se fait par invitation uniquement.Vous pouvez solliciter l’invitation au bureau de « R.P.D.FI » sis Q. Murara Av. Murara N°20 près de l’Alliance Française, à l’adresse-mail suivante : semainecinema@gmail.com ou appeler le+243 994 135 005.

Violences sexuelles et genre: Réflexion sur notre politique pénale.

Le ministère national de la justice et droits humains avec son programme PARJ-E « Uhaki Safi » et ses partenaires ont organisé un atelier de réflexion sur les enjeux de la politique pénale en matière de violences basées sur le genre du 15 au 17 Décembre 2015 à Goma, dans la grande salle de l’hôtel Mbiza, à l’aube du 10éme anniversaire des lois N° 06/018 et 06/O19 du 20 Juillet 2006.

Vue d'arrière de certains participant à l'ateler de Uhaki safi à Goma

Vue d’arrière de certains participant à l’ateler de Uhaki safi à Goma Ph. Innocent Buchu

Par Akilimali Saleh

Les participants étaient venus de plusieurs lieux du pays. Il y était entre autres, des communicateurs, magistrats, avocats, procureurs généraux près de cours d’appels et militaires, les ONG nationaux internationaux, les syndicats et les autres acteurs judiciaires. Le ministre congolais de la justice et droits humains été représenté par son directeur de cabinet, Gérard Nkata. Tous réunis pour faire le bilan les lois sur les violences basées sur le genre et des violences sexuelles.

« Cette activité du ministère de la justice va permettre aux autorités judiciaires et les acteurs de terrain de réfléchir ensemble sur la répression des infractions de violences basées sur le genre et les violences sexuelles en particulier et voir ensemble comment renforcer la lutte contre ce type de criminalité en proposant des analyses et recommandations pour la définition d’une politique pénale bien adaptée aux contextes de notre pays » a dit Hibert Nzakimwena, régisseur du PARJ-E « Uhaki Safi »

Dans son exposé sur « l’état des lieux de l’application de la loi VSBG par les autorités judiciaires (police, juridictions et offices civils et militaires) de l’instruction à l’exécution », le Professeur Bady Kabuya de l’Université de Lubumbashi et expert du PARJ-E « Uhaki Safi » : « il faut redéfinir notre politique pénale et appliquer une politique de commisération intégratrice pour que les auteurs et les victimes soient tous au centre des actions de la justice »

Les participants ont effectués des travaux en carrefour pour faciliter les discussions, chacun de ces carrefours été constitué de tout les acteurs de la justice et un magistrat comme modérateur.

Parmi les constants, on peut noter que les civils sont en grand nombre présumé auteurs des violences sexuelles selon le rapport de monitoring judiciaire sur la répression des violences sexuelles de 2010 à 2014 de la PNUD, une des organisations participantes à cet atelier. Un élément qui a amené des vifs commentaires sur la répression des militaires en RDC.

Le programme d’appui au renforcement de la justice à l’Est de la RDC (PARJ-E) « Uhaki Safi », un des organisations participantes à cet atelier, est un programme du gouvernement de la RDC, financé par le Fonds Européen de Développement (FED) de l’Union Européenne, la Belgique et la Suède.

Plus de quarante résolutions et analyses ont été formulées à la fin de ces trois jours de réflexion et évaluation mutuelle. Ces dernières ne resterons pas sans suite mais aideront à l’amélioration comme l’a dit Gérard Nkata : « La lutte contre les violences sexuelles a deux volet. Le volet normatif revient au gouvernement et l’application de ces normes qui revient aux cours et tribunaux. Près de dix ans après, nous devons faire le bilan. Ce qui n’a pas marché si ça relève du volet normatif, le gouvernement va prendre des dispositions pour renforcer la répression, si ce sont des déficiences qui relèvent des cours et tribunaux chargé d’appliquer la loi nous allons voir ce que le gouvernement et les cours et tribunaux peuvent faire pour que chaque composante prenne ses responsabilités pour une meilleure lutte pour l’avenir »